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31 jeunes filles et adolescentes victimes de la traite: L’Observatoire est préoccupé pour les suites réelles du dossier.

 

Note pour la presse

Port-au-Prince 17 février 2017

L’Observatoire Haïtien sur la traite et le trafic de personnes est préoccupé pour les suites réelles du dossier de 31 adolescentes et jeunes filles victimes de la traite le 8 février dernier.

L’Observatoire Haïtien sur la traite et le trafic de personnes veux attirer l’attention de l’opinion publique et de l’Etat haïtien en particulier sur la nécessité de renforcer les institutions clées de Protection de l’enfant, aptes à lutter contre ce crime très répandu et organisé dans la région latino-américain qu’est la traite des personnes.

La loi haïtienne sur la « lutte contre la traite des personnes » publiée le 2 juin 2014, fruit des actions concertées des Organisations de la Société civile et étatique, punit sévèrement cet acte qualifié de crime et prévoit la mise en place de mécanismes de prévention, de protection et d’assistance des victimes, sans oublier les incriminations, sanctions et responsabilités de toute personne impliquée. Et, la charge de la mise en place de ces mécanismes est attribuée par cette loi au Comité National de Lutte contre la Traite des Personnes (CNLTP). Haïti fut classé en 2015 par le Département d’Etat Américain sur la liste noire des pays de transit et de destination des  victimes de Traite n’ayant pas consenti assez d’effort dans le cadre de cette lutte.

La situation a néanmoins évolué avec l’entrée en vigueur de cette loi et la création du CNLTP. Ce  Comité regroupant des Représentants de Ministères, d’Organismes de protection de l’enfant ainsi que d’Organisations de Droits humains doit donc disposer d’un budget qui lui permet de répondre à sa mission et ses attributions, de même que la Brigade de Protection des Mineurs (BPM) qui joue un grand rôle dans le système de protection de l’enfant en Haïti.

C’est l’occasion pour l’Observatoire de féliciter la BPM pour son intervention en rapport aux  31 jeunes filles et adolescentes  victimes de traite le dimanche 8 février dernier jusqu’à aboutir à l’Hôtel de plage Kaliko Beach selon les informations des autorités responsables. Cette opération qui a abouti à l’arrestation de 7 (sept) présumés trafiquants a permis de protéger 14 mineurs de 13 à 17 ans et 17 jeunes filles majeures âgés entre  18  et 24 ans, de l’esclavage sexuel. L’Observatoire, tient à féliciter également  le Comité National de Lutte Contre la Traite des Personnes pour son engagement  et sa motivation sur ce cas qui révolte tout un chacun.

L’Observatoire déplore toutes les formes de traite des êtres humains dont ce présent cas ainsi que la façon dont les victimes ont été reçus et gardés sous protection, en raison d’un manque de capacité d’accueil de la BPM. Ces 31 adolescentes et jeunes ont passé tout le moment de l’investigation et de traitement de ce dossier entassés  dans 2 petites pièces du bureau de la BPM. Il est important de noter que même pour prendre les informations de première main et la déclaration des Victimes, l’espace n’était pas adapté et surtout ne permettait pas de respecter le principe de la confidentialité et encore moins de mettre à l’aise et en confiance chacune des victimes.

L’Observatoire haïtien sur la traite et le trafic des personnes est donc très préoccupé par la situation d’Haïti en général et pour les suites réelles du dossier de ces 31 adolescentes et jeunes filles non seulement pour leur accompagnement comme victimes mais aussi pour que  les présumés trafiquants soient jugés, condamnés et subissent  les peines applicables conformément à la loi sur la lutte contre la traite des personnes.

L’observatoire s’engage de son coté à mobiliser les acteurs concernés au niveau national et local surtout dans les zones frontalières haitiano-dominicaines, de même qu’au niveau régional à travers l’observatoire latino-américain sur la traite et le trafic de personnes dont il est membre pour supporter des initiatives urgentes dont une étude sur l’évolution et la manifestation de la traite et du trafic des personnes en Haïti.

Un Congrès national sur la traite des personnes en Haïti sera organisé très prochainement par l’Observatoire dans la perspective d’aboutir à des actions orientées vers des résultats capables d’influencer cette pratique criminelle à laquelle tout le monde est exposé en particulier , les femmes et les enfants du pays et de la région latino-américain .

De ce fait, l’Observatoire fait les recommandations suivantes aux autorités compétentes en particulier le Comité National:

  1. Assurer le bien-être de ces 31 jeunes filles victimes de la traite en leur offrant protection et  assistance nécessaires  selon l’article 8 alinéas 1 et 2 de la loi en vigueur.
  2. Prendre toutes les dispositions nécessaires pour punir les personnes impliquées  de près et/ou de loin dans ce crime selon  les articles 11, 12, 13 et 14 de la loi sur la lutte contre la traite des personnes en Haïti.
  3. S’assurer de la mise en place de mécanismes systématiques pouvant répondre à des cas d’urgence en matière de traite de personnes.
  4. S’assurer de la mise en place de moyens de prévention des cas de traite et de trafic de personnes en particulier des enfants.
  5. Mettre les moyens disponibles pour que le Comité National de Lutte contre la Traite des Personnes  et la BPM puissent intervenir efficacement sur des cas suspects.

 

Leronel MORTIME

Coordonnateur

38046476

16 Avril, journée mondiale contre l’esclavage des enfants : la situation des enfants haïtiens est alarmante

Le Collectif des Organisations de Défense des Droits Migrants et Rapatriés (CODDEMIR) et l’Observatoire Haïtien sur la Traite et le Trafic de Personnes (Observa Latrata-HAITI) appellent au respect des Droits des enfants haïtiens à l’ occasion de la journée mondiale contre l’esclavage des enfants ce 16 avril 2016.

Cette journée a été lancée en 1995 par OIT (Organisation International du Travail) après la mort d’un jeune pakistanais de 12 ans qui avait tenté de dénoncer les mauvais traitements subis depuis qu'il avait été vendu pour rembourser une dette familiale.

Les formes contemporaines d'esclavage continuent aujourd'hui encore, à cause de la vulnérabilité, la pauvreté, la discrimination et l'exclusion sociale. L'Organisation internationale pour les migrations estime que chaque année, 700 000 femmes, filles, hommes et garçons font l'objet d'une traite transfrontalière et réduits en esclavage. On estime à 5,7 millions le nombre d'enfants soumis à un travail forcé et asservi, ce qu'on appelle aussi servitude pour dettes, et à 1,2 million le nombre d'enfants victimes de la traite. La traite s'accompagne de l'exploitation commerciale sexuelle d'enfants dont 1 million, essentiellement des filles, sont chaque année forcés de se prostituer. Ces filles sont vendues comme prostituées ou à des fins de pornographie infantile tant dans les pays développés que dans les pays en développement.

En Haïti, le travail des enfants n’est pas un phénomène nouveau et constitue pour les parents pauvres un moyen de minimiser le risque d’interruption des ressources. Il fait partie intégrante des stratégies de subsistance des ménages. Il a souvent été présenté comme un travail effectué au sein, ou à proximité de la sphère familiale, et exercé comme une initiation progressive. Ces institutions des droits humains croient que l’Etat haïtien devrait prendre des mesures avisant à améliorer les conditions socio-économiques des parents qui sont très précaires.

Le CODDEMIR et l’OBSERVALATRATA-HAITI deux institutions œuvrant dans le domaine des droits humains veulent rappeler pour la nation ; le 15 mai 2007, le Parlement haïtien a ratifié à l’unanimité, la Convention 138 de l’OIT sur l’âge minimum pour le travail des enfants et de la Convention 182 sur l’élimination de pires formes de travail des enfants. A la signature de ces deux documents, Haïti a confirmé son engagement essentiellement à la protection des enfants contre l’esclavage

Pour pallier aux problèmes de l’esclavage des enfants en Haïti, le CODDEMIR et l’OBSERVALATRATA-HAITI, profitent de l’occasion pour lancer un vibrant appel aux instances concernées sur les différents problèmes auxquels font face les enfants démunis du Pays. Pour jouer leur rôle afin de protéger les enfants contre cette forme d’esclavage.

A l’occasion de la journée mondiale contre l’esclavage des enfants, le CODDEMIR et l’OBSERVALATRATA-HAITI demandent à l’Etat Haïtien de :

• Prendre des mesures nécessaires pour finir avec cette forme d’esclavage dans le pays et de protéger les enfants contre la violence à tous les niveaux, la prostitution et la délinquance, l’exploitation etc. En élaborant des textes de loi punissant les auteurs ;

• Mettre à la disposition des enfants les services sociaux de base tels : l’éducation, la santé, la protection sociale, entre autres, à travers des programmes qui apporteront des réponses efficientes pour éliminer le travail des enfants ;

• Renforcer des institutions travaillant dans ce domaine afin qu’elles arrivent à mieux coordonner leurs actions;

• Prendre les dispositions nécessaires afin de rendre opérationnel le comité National interministériel et intersectoriel de la Lutte contre la Traite.


 


 

Pour contact

Leronel MORTIME

ObservaLatrata-Haiti

Tel : (509) 3804-6476

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